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Rencontre avec la psychologue

 

Depuis début juin j’ai de la difficulté à contrôler mon alimentation. J’avais un congrès de 4 jours à Québec. Lors de ce séjour, les repas étaient beaucoup plus copieux… Je n’ai pu résister à l’abondance de tous ces mets et j’ai aussi bu du vin et autres spiritueux. Ces quatre jours m’ont fait perdre mes repères et je n’ai plus été capable chez moi de contrôler mes compulsions alimentaires qui ont suivies. En début juillet, j’ai vu la chirurgienne et j’avais pris trois livres depuis le dernier rendez-vous.

 

Elle m’a alors référée à une psychologue.  J’ai rencontré cette dernière trois semaines plus tard. Son bureau est situé au 7è étage de l’hôpital. Cette partie de l’hôpital n’a pas été rénové depuis longtemps…  On se croirait dans les années soixante alors qu’il était un asile psychiatrique.  Je lui ai expliqué un peu ma situation actuelle, mes amours, ma famille... je lui ai parlé de mon enfance, de mes parents... De mes deux ex (mari et père d'Olivier) de mon fils de 18 ans qui a un trouble envahissant du développement non spécifique ainsi qu’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité et des difficultés d’accès lexical)... De ma crainte de rencontrer des hommes qui existe à la suite de mes expériences amoureuses qui m’ont particulièrement marquées ...

 

Il en est ressorti que cette crainte a pris naissance dans mon enfance suite à des traumatismes psychiques que j’ai vécus à 5 ans. Ma famille avait déménagée à Clova, un petit village dans le nord de la Maurice, à 500 kilomètre de Montréal. J’adorais ce village, me promener dans les environs me faisait rêver... Il y avait de grosses roches plates qui brillaient au soleil. Je croyais que des diamants y étaient incrustés. Le lac d’un bleu si pur, le sable blanc me faisait rêver. J’avais l’impression d’être sur une plage des caraïbes. De plus, on y entendait le tamtam des indiens qui vivaient tout près. Mon imagination ne se lassait jamais. Je me faisais du cinéma dans ma tête. C’était une période heureuse pour moi

 

Avec mon frère et ma sœur, âgées respectivement de 6 et 7 ans, on se promenait souvent sur la voie ferrée.  Il y avait le cuisinier du train qui épluchait ses patates dans un wagon stationnaire. Il était très gentil. On allait le voir régulièrement. Un jour, alors qu’on lui parlait comme d’habitude, les hommes du chemin de fer sont arrivés et ont montés dans le wagon et le cuisinier, si gentil habituellement, m’a tellement déçu et j’ai vécu la première peur de ma vie. Il n’avait pas pris notre défense lorsqu’un des hommes a dit qu’il allait nous couper avec les couteaux de cuisine. Mon frère et ma sœur ont sauté à toute vitesse en bas du wagon.  Je me vois encore sur le bord du wagon, il était si haut pour moi. Je ne pouvais pas en débarquer toute seule, et mon frère et ma sœur étaient déjà rendus si loin. Si je restais, on allait me tuer et si je sautais, j’allais me tuer. J’ai pris mon courage à deux mains et j’ai sauté et couru rejoindre mes frères et soeur qui  m’avait abandonnée alors que  j’avais besoin d’eux.  Pour eux, sauter en bas du wagon, c’était bien simple alors que pour moi, qui avait toujours été surprotégée, c’était impensable…

 

L’été continua, on le passait dehors à se promener. Un jour, où on était tous les trois à se promener, un itinérant ou un ivrogne, je ne saurais dire,  avait fait éloigner mon frère et ma sœur en leur demandant d’aller acheter des bonbons. Moi, j’étais restée seule avec lui et il en a profité pour glisser sa main dans ma culotte et me caresser. Je voulais qu’il cesse mais je ne savais pas comment le lui dire. J’avais peur qu’il finisse par me tuer si je bougeais. Et mon frère et ma sœur qui ne revenaient pas… Le temps m’a semblé interminable. Ces derniers prenaient leur temps car ils avaient trouvé l’homme déplaisant. Les enfants peuvent être tellement insouciants à cet âge-là.

 

J’ai parlé de ma mésaventure à ma grande sœur car je ne savais pas comment le dire à ma mère. Elle m’a dit que je n’avais plus rien à craindre car l’homme était scertainement parti. Mais ma grande sœur n’en a pas parlé à ma mère car elle n’avait que 13 ans et elle n‘avait pas vu l’importance de le dire ou elle était elle-même gênée d’en parler à ma mère… on ne parlait pas de choses sexuelles dans ces années-là. En 1966, c’était tabou…

 

Après avoir parlé 1h30 avec la psychologue, il en est ressorti que j’utilise ma graisse pour me protéger depuis que je suis une jeune enfant. J’ai d’ailleurs toujours été rondelette.

 

Il semblerait qu’un tiers des femmes avec un trouble alimentaire ont subi des agressions sexuelles. Les miennes ne sont pas dramatique comparées à d'autres mais elles l’ont été suffisamment pour me donner la peur des hommes. Mon besoin de plaire et d’être gentille a été, aussi, une façon que j’ai développée pour me protéger.  Je dois donc apprendre à m'affirmer face à mon entourage pour parvenir à le faire avec les hommes. Je dois devenir moins tolérante si je veux réussir à rencontrer et à vivre auprès d’un homme bien.

 

Il semblerait que dans mon cerveau, il s'est tracé, au fil des ans,  un chemin qui fait que dès que je ne me sens pas bien, je recherche du réconfort dans la nourriture. Je dois défaire ce réflexe et bâtir un autre canal qui me permettra de trouver une autre moyen pour me réconforter.

 

Pour ce faire,  je dois me trouver une priorité dans la vie. Ma priorité est de vivre une vie plus remplie, plus satisfaisante et je crois qu'un amoureux pourra me permettre de vie une vie plus agréable. Donc, lorsque je veux manger par compulsions, je dois me demander si manger m'aidera à atteindre mon but ou non... et quels moyens je peux prendre pour venir combler mon manque actuel. Cela semble efficace car depuis que je me questionne lorsque j'ai le goût de manger sans avoir faim, je trouve une alternative soit une tisane et un bonbon dur...

 

Après ma rencontre avec la psychologue, j’ai senti une accalmie et un bien-être qui dura un mois. Par la suite, le goût de grignoter a repris. Lentement, mais je sentais qu’il m’était pénible de résister à la tentation. Cela est apparu après l’appel d’un homme qui avait perdu mon numéro de téléphone et ne m’avait pas téléphoné pendant 5 semaines. Mais ce n’était pas par manque d’intérêt face à moi… «Oui, je te crois… tu n’as pas trouvé mieux et tu reviens ».

 

Lors du troisième rendez-vous avec la psychologue, je lui ai expliqué ma situation et je lui dis que je commençais à trouver cela difficile. Je lui ai brossé un tableau de ma perte de poids. D’environ 500 livres, je suis passé à 340 et j’ai repris 30 livres dans la dernière année. J’ai eu comme un blocage lorsque je suis arrivée à 340 livres car c’est le poids que j’avais lorsque j’ai rencontré le père de mon fils. J’ai repris en un an 30 livres. Lorsque j'ai eu la sleeve en fin janvier, je pesais 370 livres. Après quelques mois,  j'ai de la difficulté à perdre. J'ai rapidement mangé des portions normales. J'ai perdu avec la diète pré-op 65 livres seulement. Ma crainte est de devoir me faire opérer pour le by-pass. J'ai peur de devoir la subir si je ne parviens pas à maigrir plus... je suis découragée, j'ai l'impression que je ne parviendrai pas à perdre mon surplus de poids... J’a l’impression que mon cerveau ne veut pas que je pèse moins de 300 livres.

 

J’ai été déçue de ma rencontre avec la psychologue. J’ai l’impression que cela ne m'aide plus...  j'ai l'impression que tout reste en surface. Elle m'a conseillé de me trouver un élément qui pourrait me motiver à ne pas grignoter et qui soit à court terme. C’est difficile à trouver. Lorsque j'ai su que je faisais du diabète, j'étais très motivé à faire attention à mon alimentation mais lorsque mon taux de sucre est devenu normal, ma motivation a diminuée... Du point de vue santé tout va bien. Du point de vu physique, mon gros ventre me dérange mais en même temps j'ai peur qu'en maigrissant, mon tablier devienne de plus en plus gros et bas. Mon ventre m'arrive à mi-cuisse. Je n’ai pas hâte de maigrir plus car il risque d'arriver au genou... surtout qu’à la télé, j’ai vu un homme qui avait beaucoup maigris et son ventre arrivait presqu’aux chevilles. Gros dilemme, je dois maigrir pour me faire opérer le ventre et en même temps, j'ai peur de maigrir car il va devenir de plus en plus encombrant...

 

Le seul élément que j’ai trouvé pour m’aider à persévérer  est d’avoir l’objectif  de me rendre à 275 livres pour Noël. Cela est faisable. Mes compulsions ont diminué mais je me sens fragile, ma perte de poids n’a change pas. Je me maintiens à 305-306 livres.

 

Je fais peut-être un plateau. J’essaie de ne pas donner trop d’importance à la perte de poids. Je focuse plus sur les bonnes habitudes alimentaires.  J’essaie aussi de mieux dormir mais c’est plus difficile, je me réveille la nuit parce que j’ai froid… ma périménaupose me donne des froideurs ou lieu de me donner des chaleurs.

 

Je persévère. J’essaie de ne pas me décourager. La psychologue m’a dit que le découragement peut nous emmener à une démotivation et elle a peur que je finisse par tout abandonner. Je ne crois pas que cela m’arrivera mais je suis à l'affut.

 

 

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K
je te souhaite une bonne année en retard ! je suis contente de lire que tout va bien pour toi
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Y
Tes nouvelles sont rassurantes, Jasmine et je suis super contente pour toi. Faire partie d'un groupe ne peut t'apporter que de l'aide.<br /> Le fait d'être plusieurs sur cette route glissante, semée d'embuches, peut rendre ton chemin moins difficile.<br /> Je te souhaite de finir sereinement cette année et le meilleur pour celle à venir.<br /> Chaleureusement, je t'embrasse.
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Y
Je viens te souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année en espérant que 2014 a été pleine de joie et de bonheur.<br /> Merci d'être toujours là pour lire mes petites bétises...<br /> Bises<br /> Yvesd
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D
@Ymi, merci pour ton soutien. tu n'as pas à t’inquiéter car depuis un certain temps, je suis plus sage... Je n'ai plus de compulsions alimentaires. C'est peut-être parce que je fais partie d'un groupe facebook sur l'hyperphagie Québec.  mais je crois que c'est surtout parce que mon corps était en réaction aux privations alimentaires causées par la diète très sévère avant l'opération et les premiers mois lorsqu'on reprends graduellement l'alimentation normale.<br /> Je suis semble-t-il une exception. Rare sont les personnes opérées qui ont un aussi bon appétit que le mien. Mais je me suis dt que j'avais réussi à perdre beaucoup avant l'opération, je suis capable de perdre autant avec. J'ai malgré tout l'estomac plus petit qu'avant... <br /> Je suis contente de voir que je me contrôle bien depuis quelques ... 
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Y
En pensées avec Toi, ma douce Jasmine.<br /> J'aime lire que tu vas persévérer encore, ne lâche pas, ou tout du moins essaye, pas après tous les efforts que tu as déjà fait...
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